La sécurité n’est pas seulement une question de moyens mais de stratégie, et quelle stratégie !
Le 30 juin 2025, à l’invitation de madame le Maire de Craponne s’est tenue une conférence sur la « Sécurité – Enjeux et défis pour nos territoires » donnée par Monsieur François Noel BUFFET ministre auprès du ministre de l’Intérieur.
En préambule, on a été surpris de découvrir par le mot d’introduction de madame le Maire, que Craponne est un territoire où règne une grande insécurité avec un chiffre impressionnant de : 6 000 interventions des forces de l’ordre par an (soit 27 interventions par jour ouvré). Interventions dont la nature n’a pas été précisée et que nous ne commenterons pas. Aux Craponnois.es de juger ! .
Pour revenir à la conférence de Monsieur le ministre sur « Sécurité – Enjeux et défis pour nos territoires ». En voilà un sujet capital pour les Français en cette période d’incertitudes économique, sociale et environnementale liées aux conflits mondiaux en cours, à la guerre des taxes enclenchée par le président américain, aux catastrophes climatiques liées au changement climatique etc…
Naïvement, on s’est rendu à une conférence prometteuse sur un sujet d’un grand intérêt et finalement on a assisté à une séance de propagande, entrecoupé d’un certain nombre de clips de « réclame » selon les propos de Monsieur le ministre, et qui se termine sans aucun débat ni questions/réponses. On comprend rapidement que le sujet a été traité sous un angle purement électoraliste aligné sur la communication du ministre de l’Intérieur, éventuel candidat LR à la prochaine présidentielle. Ça promet !
Monsieur le ministre démarre ces propos en précisant que « la sécurité n’est pas seulement une question de moyens mais qu’elle est surtout une question de stratégie ». Impressionnant, non ?
Cette stratégie développée sous forme de slides se résume à la lutte contre les narcotrafiquants et les délinquants, contre l’Islam radical, les immigrés et les gens du voyage.
Pas un mot sur la lutte contre les mouvements d’extrême droite qui sèment la terreur dans plusieurs villes, notamment celle de Lyon. Pas un mot sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme alors que ces actes sont en forte progression et que des crimes racistes ont été commis récemment. Pas un mot sur la lutte contre les violences faites aux femmes, la traite des êtres humains et les féminicides qui concernent des centaines de femmes par an (136 victimes en France en 2024 et déjà 79 au 1er juillet 2025), alors que les procès des viols de Mazan et du chirurgien pédophile Joel Le Scouarnec qui a abusé de centaines d’enfants viennent de se terminer. (Et sans oublier les 46 enfants décédés sous les coups des parents en 2024). Pas un mot sur les violences à l’école alors qu’aujourd’hui plus d’une centaine de plaintes ont été déposées dans l’affaire Notre-Dame-de-Bétharram contre l’absence de réaction des institutions, le soutien des notables locaux et les mensonges qui éclaboussent jusqu’au premier ministre. Pas un mot sur la santé mentale des jeunes et des moins jeunes qui a conduit à la mort de Mélanie, assistante d’éducation, qui a été mortellement attaquée au couteau le 10 juin 2025 par un élève de 14 ans lors d’un contrôle des sacs à l’entrée de son collège en présence des forces de l’ordre.
La liste est encore longue des sujets de sécurité qui intéressent les Français et qui les impactent au quotidien. Pour répondre à cet enjeu majeur, il ne suffit pas de jeter en pâture quelques boucs émissaires et de dresser les Français les uns contre les autres. La sécurité ce sont aussi des moyens à mettre au service de la justice pour réduire les délais d’attente et de transcriptions des décisions, des moyens au service de l’égalité des chances, des moyens humains et financier pour de la prévention, l’éducation et l’accompagnement des nouvelles générations dont un certain nombre sont de plus en plus en perte de repère
Ahmed Khaladi
Conseiller municipal




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