Enfin, la France reconnait l’Etat de Palestine, il n’est jamais trop tard pour bien faire ! mais il ne faut pas en rester là

1 Oct, 2025

Le 4 mars 1982, M. François Mitterrand, dans son discours à la Knesset de Jérusalem, la France a demandé la reconnaissance de l’Etat de Palestine. Et depuis, rien. Il a fallu attendre plus de 40 ans, pour que cette reconnaissance soit officialisée par un discours de M. Emmanuel Macron à la tribune de l’Assemblée générale des Nations-Unies (ONU) ce lundi 22 septembre 2025.  Enfin un premier geste « concret », après de nombreux morts, de souffrances et d’un risque de génocide reconnu par la Cour internationale de justice (CIJ) depuis le 26 janvier 2024 et qui se poursuit aux yeux du monde entier sans aucune réaction forte pour arrêter le massacre ni aucune sanction. “Ce sont les vies de centaines de milliers de personnes déplacées, blessées, affamées, traumatisées, qui continuent d’être détruites, a déclaré dans son discours M. Macron.

Plusieurs pays ont suivi la France dans cette démarche, aujourd’hui ce sont 158 des 193 Etats membres de l’ONU qui ont reconnu l’Etat de Palestine dont 15 pays depuis le commencement de la guerre à Gaza. Sur les 5 membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU, il en manque seulement un sans l’accord duquel l’État Palestinien ne pourra accéder au titre officiel de membre de l’ONU : les USA dont le président Trump continue de déverser vers Israël ses milliards de dollars et ses armes destructrices pour assurer son hégémonie sur tous les pays de la région. Ces milliards que Trump a soustrait aux aides humanitaires mondiales et qui servent à l’armée israélienne pour détruire les hôpitaux, les écoles, les logements, …et toute vie à Gaza.

Avec le soutien de son ami Trump, ce petit Etat, après plusieurs intimidations et accusations d’antisémitisme, s’est permis de menacer de grands pays comme la France, la Grande Bretagne, l’Australie, … de représailles et de sanctions. Le monde à l’envers ? alors que les pays occidentaux multiplient les sanctions, à juste raison, contre la Russie, pas la moindre petite sanction contre Israël qui continue ses exactions en toute impunité et qui se permet même de bombarder des convois humanitaires dans les eaux territoriales européenne !

En représailles à la demande de reconnaissance de l’Etat de Palestine, M. Nétanyahu, menace d’annexer le peu de territoire Palestinien occupé qui ne l’est pas encore. Ce qui annonce un nouvel Apartheid, comme l’avais prédit Yitzhak Rabin dans les années 1990, Apartheid qui a par ailleurs commencé depuis plusieurs années et a déjà été documenté et dénoncé par plusieurs intellectuels dont des Israéliens. Mais, malgré les annexions répétées par Israël depuis 1948, celles-ci ne changeront pas le droit international et il est temps de faire respecter ce qui avait été acté par l’ONU en 1947, et de permettre au peuple palestinien de vivre en paix et en sécurité dans leur territoire.

Il est vrai que la reconnaissance de l’Etat de Palestine ne changera rien dans l’immédiat, tant que les Etats Unis d’Amérique ne reviennent pas à la raison et au droit. Mais selon M. Elias Sanbar, ancien ambassadeur de la Palestine à l’Unesco, ex-négociateur des accords d’Oslo, interviewé sur France-Inter, cette déclaration est « une rupture fondamentale». Il évoque “tous ceux qui sont tombés parce qu’ils voulaient sortir d’une invisibilité imposée.… Nous étions relégués à une absence pour toujours »  et dans le discours de Mr Macron « le fondement de la reconnaissance est ramené au mois de novembre 1947, quand l’ONU proclame le projet de deux états, un arabe et un juif, Il y est fait très clairement acte que cela concerne deux peuples (…) dont l’un a toujours été considéré comme n’ayant jamais existé.” Ainsi, poursuit-il, la France “part du fait que l’un des acteurs concernés a le droit à l’autodétermination. ».

Il ajoute « Le projet va être très compliqué, il n’y a pas de doute, mais les principes sont là », reconnaît Elias Sanbar.

Le discours de Nétanyahu le 26 septembre à l’ONU n’est guère rassurant et les négociations entre le Leader Israélien et le Président des Etats Unis, qui n’évoquent que Gaza sans le reste des territoires occupés, confirment bien la complexité de ce projet.

Mais gardons à l’esprit qu’il n’y aura jamais de paix « par la force » comme le proclame Nétanyahu, sans la juste solution de deux états.

 

 

Ahmed KHALADI & Françoise PELORCE

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